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Très bonne question ! Réponse dans leur déclaration officielle, un texte qui définit leur ligne de conduite parlementaire et où les sénateurs du groupe CRC-SPG expliquent notamment quel rôle ils entendent jouer au sein de la nouvelle majorité sénatoriale.
Retrouvez ici l’ensemble des communiqués de presse publiés par les élus du groupe CRC-SPG.

EMPLOI, SALAIRES ET RETRAITES

Nous avons voulu un dispositif efficace et facile à mettre en œuvre, afin que les salariés soient protégés des abus de la finance

Interdiction des licenciements boursiers

Par Dominique Watrin / 15 février 2012

Conférence de presse de présentation de la proposition de loi d’interdiction des licenciements boursiers.

Comme vous le savez, le Sénat examinera demain, dans le cadre de notre niche parlementaire, la proposition de loi déposée par le groupe CRC tendant à interdire les licenciements boursiers. Cette proposition de loi se compose de deux articles. Nous avons voulu un dispositif efficace et facile à mettre en œuvre, afin que les salariés soient protégés face aux abus de la finance.

Avant d’en venir au contenu de notre proposition, permettez-moi de dire quelques mots de contexte. Le chômage atteint des proportions dramatiques, on frôle les 10%, et se sont chaque jour 1000 nouveaux salariés qui sont privés d’emploi. Il est devenu usuel de dire que cette situation résulte de la crise, ce qui permet d’ailleurs d’éviter les questions pertinentes sur la responsabilité des employeurs, des actionnaires, mais également du Gouvernement.

Je note d’ailleurs que celui-ci profite de ce contexte, pour tenter une nouvelle fois d’opposer nos concitoyens entre eux. Avec d’une part les salariés et d’autre part, les privés d’emplois suspectés de se complaire dans leur situation et de rechigner à travailler et à se former. Nous contestons cette analyse qui n’a qu’une vocation : imposer des politiques de rigueur encore plus grandes, réduire les droits des salariés privés d’emploi et renforcer la précarité du travail pour la plus grande satisfaction du MEDEF.

Une nouvelle fois, le Gouvernement avance l’idée de « droits et devoirs », lesquels devraient toujours concerner les salariés et jamais leurs employeurs. Il n’hésite pas d’ailleurs à en appeler au peuple en envisageant la réalisation d’un référendum. Plutôt que de l’utiliser comme un outil de stigmatisation des salariés entre eux, nous faisons une autre proposition au Gouvernement, quitte à organiser un référendum, pourquoi ne pas soumettre notre proposition d’interdiction des licenciements boursiers ?

De la même manière qu’il revient toujours au peuple de supporter les politiques d’austérité, ce sont toujours les salariés qui sont sacrifiés, tantôt par le gouvernement, tantôt par les employeurs. Ainsi, lorsque la rentabilité d’une grande entreprise diminue, ou pire que le cours des actions ou les dividendes n’atteignent pas les montants escomptés, il arrive que les entreprises procèdent alors à des licenciements présentés pour motifs économiques, mais correspondant en fait à des licenciements boursiers. Autant dire que les salariés en sont réduits à n’être que des variables d’ajustements. Je vous rappelle d’ailleurs l’épisode récent de l’entreprise GEMALTO, (Loiret) qui procéda au licenciement de 362 employés, alors que le groupe réalisait 791 millions de chiffre d’affaires.

Une progression de plus de 30 millions par rapport à l’année précédente, où l’entreprise n’avait réalisé – si je puis dire - que 760 millions. Des licenciements très bien accueillis par les marchés et la presse économique puisque l’année qui suivit ces licenciements, la chaine « Business FM » décernait à cette société le prix de la meilleure performance boursière. En tant que Sénateur du Pas-de-Calais, je ne peux oublier non plus, les 2000 emplois rayés de la carte sur le secteur d’Henin- Beaumont suite à des décisions financières des actionnaires (Métaleurop, Samsonite, Sublistatic). Ce territoire est aujourd’hui dévasté avec près de 30% de chômeurs.

Je note d’ailleurs qu’il y a un certain paradoxe à prôner la production industrielle en France et à ne jamais s’opposer aux licenciements qui sont prononcés pour des motifs exclusivement financiers. Il faut protéger les salariés et remettre la finance à sa place, c’est-à-dire au service de l’économie réelle, et non de la spéculation. C’est à ce stade qu’intervient notre proposition de loi, une loi simple et efficace. Seront réputés sans cause réelle et sérieuse – donc interdits – les licenciements prononcés par des entreprises qui ont versé des dividendes au titre de l’année écoulée. Notre objectif est clair.

Si les entreprises ont besoin de se réorganiser, de se réorienter ou d’investir dans la recherche, ce ne sont pas aux salariés d’en subir les conséquences. C’est le rôle des actionnaires que de financer ces mesures, ils doivent donc être mis à contribution, avant que les salariés ne soient sacrifiés. Rien ne justifie en effet que l’emploi soit cassé, alors que dans le même temps, les actionnaires profitent des dividendes, lesquels peuvent d’ailleurs croitre du fait même de ces licenciements. Pour assurer la pleine application de ce principe, nous proposons de confier à l’inspection du travail cette mission de contrôle, le procès verbal établi par ses soins, pouvant servir d’élément de preuve devant le juge prud’homal.

Clairement, notre proposition de loi s’inscrit dans le débat engagé par le Gouvernement, sur la compétitivité et le coût du travail. Selon lui, ce serait les salaires et les cotisations sociales qui plomberaient la compétitivité des entreprises. Raison pour laquelle il serait alors légitime, en cas de crise économique, de supprimer des emplois. Telle n’est pas notre conviction. Pour nous, ce qui plombe la compétitivité, ce sont d’abord et avant tout les appétits des actionnaires. Preuve en est, si la valeur des actions du CAC 40 a fait un bon de plus de 13% entre 2009 et 2010, ce n’est pas le cas des salaires.

Nous proposons enfin – c’est le second article de notre proposition de loi – que les entreprises qui ont procédé à des licenciements boursiers soient contraintes de rembourser les aides publiques, sous toutes leurs formes (subventions, exonérations sociales et fiscale..). Les financements publics ne doivent en effet être accordés qu’à des entreprises dont la politique est conforme à l’intérêt social et au développement de l’emploi.

Voici les deux propositions contenues dans notre proposition de loi qui sera soumise au vote des sénatrices et sénateurs demain matin.


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Dominique WATRIN
Sénateur du Pas-de-Calais

Elu le 25 septembre 2011

Membre de la commission des affaires sociales

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